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Les particules d'argent dopent les antibiotiques

 


Par figaro iconCyrille Vanlerberghe - le 24/06/2013
Des chercheurs américains utilisent une approche originale pour lutter contre les bactéries les plus résistantes aux traitements actuels.

Des chercheurs américains ont réussi à rendre un antibiotique jusqu'à mille fois plus efficace contre certaines infections avec un simple ajout d'ions d'argent. Une approche qui pourrait aider à lutter contre certaines bactéries devenues résistantes aux traitements existants.

«C'est un travail intéressant, car les qualités bactéricides de l'argent sont connues depuis l'Antiquité, mais la manière dont ce métal agit vraiment reste une boîte noire», commente Jean-Marie Pagès, directeur de recherche Inserm à la tête d'une équipe spécialisée dans le fonctionnement des membranes cellulaires à l'université de Marseille. Par le passé, l'argent a beaucoup été utilisé pour nettoyer des plaies et éviter qu'elles ne s'infectent. D'autres métaux, comme le cuivre, sont également bactéricides, et sont utilisés pour stériliser des surfaces en milieu hospitalier.

La nouveauté des travaux menés par l'équipe de Jose Ruben Morones Martinez de l'université Harvard à Boston aux États-Unis tient au fait qu'ils utilisent cette fois l'argent de manière interne, directement dans l'organisme que l'on cherche à traiter. L'étude a été publiée le 19 juin dans la revue Science Translational Medicine .

Des bactéries les mieux protégées contre les médicaments

À partir d'expériences menées in vitro et sur des souris vivantes, les chercheurs constatent que les ions argent (Ag +) présents dans une solution de nitrate d'argent rendent la membrane de certaines bactéries plus perméable. Un effet important puisque avant de pouvoir tuer une cellule pathogène, les molécules actives d'un antibiotique doivent traverser la membrane et pénétrer en son cœur.

Le métal précieux a une action très sensible contre une famille de bactéries particulièrement redoutables, les «gram négatives». Une appellation qui décrit les microbes dont la cellule est entourée de deux membranes, ce qui renforce leur protection contre les traitements antibactériens, les rendant résistants à la plupart des antibiotiques. Parmi les plus célèbres membres de la famille des «gram négatifs» figurent le vibrion du choléra, la bactérie Yersinia pestis responsable de la peste, les salmonelles et Escherichia coli.

En laboratoire, l'équipe américaine a notamment constaté que des bactéries Escherichia coli résistantes aux antibiotiques devenaient sensibles à «l'attaque» des molécules de tetramycine quand elles étaient mises en présence d'un adjuvant d'ions Ag +. «L'argent arrive en fait à perturber les mécanismes de défenses de la bactérie qui lui permettent normalement d'empêcher l'action d'un antibiotique», explique Jean-Marie Pagès. Malheureusement, les Américains n'ont pas cherché à caractériser laquelle des deux membranes des bactéries était affectée par l'argent.»

Éviter de courir après l'apparition de nouvelles résistances

Plus généralement, les chercheurs constatent qu'avec cet adjuvant, les bactéries à double membrane devenaient sensibles aux antibiotiques qui ciblent normalement celles qui n'ont qu'une membrane. Une action qui pourrait augmenter l'étendue de l'arsenal thérapeutique au service des médecins face à des infections graves. Seul bémol à ces travaux, les doses d'argent utilisées sont assez massives, et ne sont pas loin des niveaux de toxicité du métal, ce qui limite l'intérêt thérapeutique immédiat.

La technique est en revanche prometteuse, et devrait ouvrir la piste à d'autres expériences de ce type. «Plutôt que de chercher à toujours mettre au point de nouveaux antibiotiques pour lutter contre les souches qui deviennent résistantes, cette nouvelle approche consiste à travailler sur des adjuvants qui renforcent l'action des antibiotiques déjà existants, précise Jean-Marie Pagès. Il nous faut pour cela chercher à connaître dans le détail les mécanismes de défense des bactéries.» Le chercheur français envisage notamment d'utiliser des nanoparticules d'argent pour affaiblir les bactéries.

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Source: http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/06/24/20822-particules-dargent-dopent-antibiotiques

 

 



 
 

 

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